07 septembre 2009

Alfredo, tu nous en as mis pleins les yeux

Huancayo !

Bon, le car VIP, les sièges-lit cuir, le réveil à 6h du mat', on connaissait.
Le voyage de plus de 4h en mini-van à travers les routes les plus caillouteuses qui soient, aussi.
Le manque d'air par contre - car oui, Huancayo, c'est à plus de 3000 m d'altitude -, on l'avait pas vu venir...

Premier jour dans la jungle, traversée des cascades, baignade pour les plus valeureux, et pour ceux dont le slip blanc à poche kangourou ne demandait qu'à être exhibé (dédicace à Juan). Mais aussi, toujours plus de cumbia, une visite dans un village de "natifs" qui a tourné en attraction Walt Disney, et une dégustation de café-liqueurs pour clôturer la journée.

Et vint alors le deuxième jour...
Remarque : le récit qui suit peut choquer les âmes sensibles. Je vous aurais prévenus.

Qu'on était bien naïfs, sur nos petits sièges de van, secoués comme des pop-corns en éclosion, à mâcher notre coca et à
admirer notre panoplie Quechua... Nous étions à 4000m.
Premiers 10 mètres de montée, STOP.  Plus d'air, le cœur qui tambourine violemment dans la poitrine, et les poumons qui cherchent bruyamment le moindre cm3
à respirer.

On repart, doucement, très doucement, et puis, STOP. Et ainsi de suite pendant au moins 30 minutes. Et nous, pauvres guignols mâchouillant notre coca en attendant vainement les effets de son homologue alcaloïde, touchions peu à peu nos limites physiologiques.

D'un autre côté, les monts oranges-marronés, les lagunes turquoises, et le glacier crème chantilly, détournaient agréablement nos petits corps chétifs de la douleur que l'aventure leur faisait endurer.

Déjà 4h de marche, le temps de toucher fébrilement la neige pour certains, et de cracher ses tripes pour d'autres, et c'est reparti pour un autre 4h de soit-disant "descente". Je dirais plutôt 1/4 de descente, et tout le reste d'escalade, oui !

Tel un troupeau de bœufs éparpillés sur la longue, longue, longue montée vers le camp de base (haha, non c'était juste une auberge, mais ça sonne mieux), notre agonie semblait s'éterniser à mesure que nous longions les flancs des montagnes. Avançant à coup de 5cm par 5cm, maudissant par tous les dieux possibles le guide qui nous avait trainés jusqu'ici, et même parfois hallucinant la scène où un hélicoptère viendrait nous délivrer de ces satanés chemins rocailleux
.

Mais quel bonheur ne fut-il pas, lorsque la dernière enjambée nous conduisit enfin à notre point de départ, de nous trouver nez à nez avec une soupe de pieds et de cerveau de poule!
Mmmmhhhhhhhh...

Mines déconfites, corps gisants sur nos chaises beaucoup trop inconfortables au vu du parcours fessier que nous avions enduré, et fous rires nerveux, nous faisions en même temps plaisir, et peine à voir.

Et puis le retour tape-cul habituel, un saut dans un hammam, et une course à la boisson fraîche (et non, pas celle du cuisinier déjà ouverte), et hop...sous la couette.

Je ne vais rien vous cacher, une seule pensée m'a aidée à ne pas me jeter de la première falaise que j'ai vue : celle de pouvoir annoncer à Ben que j'avais, moi, anti-sportive et encore plus anti-randonneuse, dépourvue de tout matériel ultra anti-transpirant et ultra-énergisant Décathlon, réussit à faire un 5200m sans flancher.
Eh oui, cochonou, c'est la vie.





Posté par Lola_Lima à 17:14 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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