15 août 2009

Du Bronx à Miami

"El Peru avanza".

C'est l'étendard politique que l'on trouve un peu partout dans Lima ; sur les murs de pierre longeant les trottoirs dont il manque encore la moitié des pavés, ou au sommet des édifices les plus hauts et les plus voyants de la ville.

J'ai enfin réussi à mettre des mots sur le sentiment que cette ville me fait connaitre depuis maintenant plus de 10 jours. Le Pérou est dans un entre-deux de développement. Il y a ce qu'on espère qu'il deviendra, et ce qu'il ne peut nier être.

C'est exactement le déphasage qu'il y a entre les quartiers chics et occidentaux de Miraflores et Barranco, et puis tous les autres. Comme un îlot de luxe et de modernité au milieu d'un terrain vague terne, et apaisant.

C'est pas pour rien que tous les étrangers s'y retrouvent.
Pour y habiter, ou pour y sortir.
Et donc parfois les deux.

Dans ces quartiers, le Blanc/l'expat' passe inaperçu. Qu'il soit en groupe, qu'il parle fort, qu'il s'habille à la dernière mode parisienne, il se fond à merveille dans un décor los angelesque qu'il connait trop bien.
Dans ces magasins, on rencontre la même mode qui nous a influencés jusqu'à présent.
Dans ces restaurants et dans ces bars, on y retrouve nos bonnes vieilles habitudes de happy hour/gintonic.
Dans ces rues en somme, on se sent presque revenir chez nous.

Là-bas, on est tout simplement plus au Pérou.

Trainer dans cet environnement ne me déplait pas. Évidemment, tout y est plus facile, plus accessible, plus commun. On pense retrouver ses marques, ses codes. On s'y sent plus en sécurité aussi.
Ben oui, c'est le monde des Blancs importés dans le sud-monde.

Ceci étant dit, on ne me fera décoller de mon Pueblo Libre pour rien au monde.
D'abord, parce-qu'il s'appelle Pueblo Libre, et que vivre dans le village où San Martin et Bolivar ont orchestré la libération du Pérou, ça a un peu plus de gueule que d'habiter  dans la bulle americano-aseptisée de Miraflores ('regarde les fleurs').

Ensuite, parce-qu'il est impossible de tomber sur un Starbuck, un Dunkin Donuts, ou un Mac Do dans le coin. Oui, c'est vrai, le choix des produits dans les épiceries devient inéluctablement plus difficile, on arrive à se tromper entre de la lessive et de l'anti-calcaire, et à acheter des bananes trouées ou du poisson pas frais. Mais c'est le jeu.

Et puis peut être pour une raison encore plus simple : quand on vient au Pérou on s'attend à trouver du Pérou.

Et peut importe si les rues ne sont pas pavées d'étoiles, s'il fait moins bon s'y promener seule, s'il faut marcher 40 min pour aller chercher des Chocapic, et si les rares bars qu'on rencontre sont franchement beaufs.

Mon chez moi : Casa Rio Grande, 276. PUEBLO LIBRE, Lima.

Posté par Lola_Lima à 00:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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